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freemasonsy - franc maçonnerie - rennes le chateau - godf

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Epigraphies symboliques

la franc-maçonnerie et l'énigme de Rennes

Les Pénitents blancs

Franc-maçonnerie dans l'Aude

DEUX ÉPIGRAPHIES SYMBOLIQUES OU LA “MARQUE” DE LA MAÇONNERIE
ET DE L’ALCHIMIE À MARSEILLE AU XVIIIe SIÈCLE

Etude sur le IHS

par Jean-Michel Mathonière et Pierre Mollier

Dans le cadre des recherches sur l’histoire urbaine de Marseille, les fouilles qui ont été conduites depuis plusieurs décennies dans le quartier de la Bourse , un des plus anciens de la ville, ont permis de mettre à jour de nombreuses inscriptions lapidaires. La plupart d’entre elles sont des inscriptions funéraires. Cependant, deux de ces pierres possèdent un lien avec l’ésotérisme et la franc-maçonnerie(1). Nous les présentons aujourd’hui à nos lecteurs, assorties d’un premier commentaire. Mais cet article est aussi un appel à contributions, à la fois sur l’analyse de ces deux pierres et sur l’existence d’autres pierres de ce type.
L’une des difficultés de l’analyse pour les archéologues est que l’on ne connaît pas l’emplacement initial de ces pierres et l’ensemble architectural dans lequel elles s’inscrivaient. Lorsqu’elles ont été découvertes, le quartier avait déjà connu de nombreuses restructurations et les travaux successifs avaient disjoint ces pièces des constructions auxquelles elles appartenaient. Ce sont donc des pièces isolées qu’il faut tenter de resituer.
Au vu du contenu de son inscription, l’une de ces deux pierres n’est autre que la « première pierre » ou la « pierre fondamentale » d’une maison. On y lit en effet :
/ANNO DOMINI MDCCXLVII
REGN. LUDOVICO XV. GALL
REGE.
PRIMUM SUAE DOMUS AEDIFI
DIRIGENTE KAPELER ARCHIT
F? M. LAPIDEM POSUIT
J.J.P. LINOSSIER F? M ????

(niveau de maçon, IHS, équerre de tailleur de pierre)
ce que l’on peut transcrire par : « L’an du seigneur 1747, régnant Louis XV roi de France , J.J.P. Linossier a posé la première pierre de sa maison édifiée sous la direction de Kapeler architecte » , nonobstant les hiéroglyphes dont nous traiterons ensuite.

Dalle n° 91880 de l’inventaire, cliché n° 43217. Cliché du Centre Camille Jullian, Aix-en-Provence,reproduit avec l’aimable
autorisation de M. H. Treziny.
Les historiens de Marseille nous apprennent qu’a effectivement
vécu à Marseille autour de 1740 un Jean-Jacques Pascal Linossier,époux d’Anne-Gabrielle Bouis et fils de Jacques Linossier et d’Anne Bernardy, lesquels s’étaient mariés à La Major le 1er décembre 1714.
Un élément semble en particulier rattacher cette inscription à la franc-maçonnerie, l’alphabet crypté utilisé dans le dernier mot de la dernière ligne : « Linossier F? M? ? ? ? ». Les quatre derniers caractères peuvent se lire « [ M ]açon » si l’on prend comme clef l’alphabet « ch i f f r é » utilisé par les francs - maçons et attesté dès les années 1740.
On le trouve notamment « révélé » dans la divulgation L’Ordre des francs-maçons trahi, publié en 1745.

Le chiffre des francs-maçons,d’après
L’Ordre des francs-maçons trahi
et le secret des Mopses révélé, 1745.

La “marque” de la Maçonnerie et de l’Alchimie à Marseille au XVIIIe siècle
Quant au motif du triangle appuyé sur un arc de cercle, qui sert ici de signe abréviatif à F[ranc ] , on le trouve sous des formes diverses dans l’iconographie maçonnique du XVIIIe siècle, notamment comme attribut des versions anciennes des premiers hauts-grades comme le Maître Parfait ou le Maître Écossais.
Le nom de l’architecte, Kapeler, amène lui aussi sur la piste maçonnique. En effet, un certificat émanant de la loge Saint-Férréol de Marseille(
2), daté du 2 août 1750, compte parmi ses signataires un « Kapeller, G. Me. [ grand maître] des Chevaliers de l’orient - Général »(3).
Le Chevalier de l’Orient était dans les années 1750 le plus haut grade de nombreuses loges. C’était notamment le sommet de la pyramide maçonnique à Marseille. « Général » est le titre attribué par le rituel du grade à l’un des principaux officiers d’un Conseil de Chevalier d’Orient. Le Kapeller de l’inscription est donc très probablement :
« Jean-Joseph Kapeller (Marseille 1702-29 novembre 1790), [connu surtout comme] l’un des fondateurs de l’Académie de peinture et de sculpture de Marseille en 1753. Il y enseigna le dessin et la géométrie et en est secrétaire perpétuel de 1756 à 1787. Sa principale oeuvre, L’ embarquement des munitions pour l’expédition de Minorque (1756) est au Musée des Beaux - Arts . L’ Hôtel - Dieu lui confie en 1759 l’exécution des portraits de ses bienfaiteurs . Il peint des « paysages en tapisserie » toiles peintes décorant les murs des bastides , et , à fresque , une Crucifixion pour l’ église de Lambesc . Il est aussi architecte , dessine le catafalque pour le service à la mémoire du Duc de Villars à la Major en 1770 et les deux arcs de Triomphe édifiés en 1777 lors du passage à Marseille de Monsieur (le futur Louis XVIII). »(
4)
Voilà pour ce qui est de l’interprétation strictement documentaire de cette pierre de fondation. Cependant, il reste à souligner qu’elle relance quelque peu la problématique de la rencontre en France, durant les toutes premières décennies de l’Ordre, entre Maçonnerie opérative et Franc-maçonnerie spéculative.
L’ on sait combien ce sujet fait l’objet d’une méfiance exacerbée, voire d’un rejet pur et simple, de la part de l’histoire maçonnique sérieuse, du fait des confusions et des approximations entretenues par une certaine littérature maçonnique. Les recherches récentes sur les compagnonnages en France montrent bien qu’il convient de ne pas les confondre avec la Franc - maçonnerie. Mais dans le même temps, ces recherches montrent également que, d’une part, quelques rencontres individuelles ont pu se produire dès le XVIIIe siècle, et, d’autre part, qu’il ne faut pas envisager ces « opératifs » comme strictement cloîtrés dans leur statut d’ouvriers.
La qualité d’architecte de Kapeller et les symboles présents sur cette inscription obligent effectivement à envisager la piste compagnonnique. En effet, si le niveau et l’équerre appartiennent à une symbolique trop générale pour être caractéristique à elle seule de telle ou telle organisation, la présence centrale du monogramme IHS surmonté de la croix , rarement employé dans l’emblématique maçonnique, semble nettement renvoyer au Saint - Devoir des compagnons tailleurs de pierre(
5). Il convient à cet égard de souligner que Marseille était ville de Devoir (6) pour les Compagnons Passants tailleurs de pierre et qu’elle était également importante pour la famille rivale de ceux-ci, celle des Compagnons Étrangers. Cette importance ne résulte pas seulement de la richesse économique de la cité, apte à fournir en abondance du travail aux tailleurs de pierre, mais aussi du légendaire compagnonnique, puisque c’est à Marseille qu’aurait débarqué Maître Jacques, le fondateur des Compagnons Passants tailleurs de pierre, à son retour du chantier du temple de Salomon.
Le fait qu’un architecte puisse se rattacher au Compagnonnage ne présente aucune difficulté dans le contexte de l’époque et cela est attesté pour plusieurs d’entre eux. En effet, à cette date et notamment hors Paris, la formation par le biais des académies d’architecture ne l’ emporte pas encore sur la formation sur le chantier. On citera par exemple le cas de Pierre Cailleteau († 1724), dit « L’Assurance », ancien dessinateur de Mansart et de Cotte , architecte de nombreuses parties de Versailles et d’un très grand nombre d’édifices parisiens, et dont le fils, Jean († 1755), lui aussi architecte renommé et membre de l’Académie d’Architecture, fut anobli par Louis XV sous ce nom de Compagnon: de L’Assurance (
7).
Rien n’empêche donc d’envisager que l’architecte et franc-maçon Kapeler fût également Compagnon tailleur de pierre, ce qui expliquerait la présence de l’IHS.

Pour ce qui est de l’autre pierre, trouvée dans la tour nord , sa datation (1716) écarte en principe la possibilité qu’elle puisse se référer à la Franc-maçonnerie spéculative.
L’inscription du phylactère, «C .IDERFIEM. SIVOLA .» , doit bien sûr être lu à rebours : « à Louis Meifredi C. ». Les archives généalogiques marseillaises connaissent effectivement un Louis Meyfredy, époux d’Elisabeth Tricon , de qui naîtra Jean-Baptiste, qui épouse à Saint-Martin, le 8 octobre 1715, Marguerite Hyvert . Par ailleurs, le 17 décembre 1721, l’intendance sanitaire achète à Louis Meyfredi une portion de terrain dans le quartier Saint-Martin d’Arenc pour y établir les infirmeries (Méry-Guindon, t. 6, p. CXIX)(
8).
La présence dans le coeur des hiéroglyphes astrologico-alchimiques des planètes/métaux et de symboles purement alchimiques, amène immédiatement à envisager cette inscription sous l’angle de l’hermétisme chrétien et de l’alchimie.
Pour ce qui est de la perspective astrologique , Louis Charbonneau-Lassay a notamment consacré une étude à un petit bas-relief de marbre noir, datant selon lui d’entre 1550 et 1575, provenant d’un monastère chartreux autrefois situé à Saint-Denis d’Orques (Sarthe) .

 

Pièce n° 043217-218 de l’inventaire, cliché du Centre Camille Jullian,Aix-en-Provence, reproduit avec l’aimable autorisation de M. H. Treziny.

Le coeur central, percé d’une plaie et rayonnant, est sans conteste celui du Christ. Deux cercles l’entourent, l’un avec les sept signes planétaires plus la croix, l’autre avec les douze signes zodiacaux. Dans son analyse, concernant le caractère orthodoxe du point de vue catholique de ce voisinage inhabituel, Charbonneau - Lassay cite deux gravures du tout début du XVIIIe siècle (l’une est précisément datée de 1708) qui, conformément à la tradition chrétienne relative au Zodiaque (le « porte - vie » ) , envisagent le Sacré-Coeur comme formant par excellence le centre de l’univers(9). Le culte du Sacré-Coeur ayant connu une impulsion décisive à la fin du XVIIe siècle, puis en 1720-1721 avec la peste de Marseille, il n’est rien d’étonnant d’en trouver un témoignage.
Notons cependant que son emploi ici, à Marseille, précède le développement du culte liturgique.

Gravure de L. Charbonneau- Lassay reproduisant le marbre
astronomique de Saint-Denis d'Orques .
(Etudes de symbolique chrétienne, T. I , p. 1 8 8 )

Mais le fait que, dans le cas présent, les hiéroglyphes astrologiques soient à l’intérieur du coeur et qu’ils soient accompagnés d’autres symboles, oblige à plutôt envisager un sens strictement alchimique, même si le coeur est surmonté de la croix et affirme ainsi l’intention chrétienne qui présida à cette figuration. Au centre de la composition, le triangle inversé surmontant une croix est en effet le symbole alchimique classique du soufre, compère obligé du mercure dont le hiéroglyphe, commun à l’astrologie et à l’alchimie, se trouve justement immédiatement à main droite. De fait, le hiéroglyphe à main gauche, un carré dont le centre est pointé, est celui du sel, troisième terme de la trinité alchimique fondamentale.
La bande horizontale regroupant ces trois symboles – la « f asce » en termes d’héraldique, le contraire du « pal », instrument de torture – et la composition d’ensemble permettent sans aucun doute de mettre en rapport cette figuration avec de nombreuses figurations classiques de l’athanor ou de l’oeuf philosophal, c’est-à-dire du fourneau ou du vase des alchimistes. Les trois étoiles qui occupent la partie supérieure du cercle forment alors le symbole des influences célestes (astrologiques), tandis que les hiéroglyphes du soleil et de la lune désignent ici plutôt l’or et l’argent (les planètes inférieures, en termes alchimiques) que les deux luminaires (les planètes supérieures).
Quant à l’oiseau portant en son bec un rameau végétal, c’est aussi un lieu commun de l’emblématique alchimique – celui du « volatile » – qui désigne l’opération alchimique fondamentale de la « voie humide » destinée à produire , comme le règne végétal (le rameau) , une fructification : solve et coagula, la dissolution et la coagulation, lesquelles, partant de la noirceur de la putréfaction (le corbeau, l’oeuvre au noir) doivent par multiples réitérations, avant de parvenir à la rubification (le phénix, la pierre philosophale dont le sacrifice par la projection dans le plomb produit l’or des Sages ), transiter par la blancheur ou purification (la colombe ou le cygne, signe avant-coureur de la verdeur puis de la réussite espérée).
Toute cette emblématique est caractéristique des traités d’alchimie du XVIIe siècle . Nous reproduirons ici à titre d’exemple une figure extraite d’un des classiques du genre, Azoth, ou le moyen de faire l’Or caché des Philosophes, de Basile Valentin, d’après l’édition de Paris, 1659.
Le lecteur y retrouvera la plus grande partie des symboles présents sur la pierre de Louis Meifredi.

Gravure extraite d’Azoth … , p. 1 7 9 .

Le Rebis .Gravure extraite d’Azoth … , p. 1 5 7 .

De fait, au vu de tous ces éléments , il est probable que la pierre étudiée ici est, elle-aussi, une pierre de fondation. Si Louis Meifredi entendait peut-être placer sa demeure sous la protection du Sacré-Coeur, il avait surtout présent à l’esprit le sens alchimique et assimilait certainement cette pierre de fondation au symbole de la pierre philosophale, selon le célèbre dicton alchimique que résume l’acrostiche VITRIOL, justement présent sur la gravure du traité de Basile Valentin :
Visita Interiora Terræ, Rectificando, Invenies Occultum Lapidem, c’est-à-dire « Visite l’intérieur de la terre, rectifie et tu trouveras la pierre cachée » – pierre cachée qui est ici représentée sous la forme d’une pierre cubique.
L’ on voit mal en effet à quoi aurait pu servir semblable inscription sinon à former un dépôt sacralisé de fondation, à moins d’envisager que son dédicataire l’ait faite réaliser à seule fin de meubler son cabinet de curiosités hermétiques ou son laboratoire alchimique…
Mais il serait alors étonnant de l’avoir finalement retrouvée dans les fouilles des soubassements du quartier de la Bourse.
1. Nous remercions très sincèrement Monsieur Régis Bertrand, professeur d’histoire moderne à l’Université de Provence de nous avoir soumis ces cas particulièrement intéressants, ainsi que les éléments biographiques des personnages évoqués.
2. Conservé aujourd’hui dans le fonds maçonnique de la BnF sous la cote FM5 11. Jean-Marie Mercier nous signale que cette
magnifique pièce est reproduite en p.83 de l’ ouvrage de Paul Naudon, Histoire générale de la Franc-maçonnerie, Office du Livre,
deuxième édition, s.l., 1987.
3. L’ attention des chercheurs a été attirée sur ce document par l’article d’Alain Merger, « Le “ marteau” et le maillet, études sur les débuts de la Franc-maçonnerie à Marseille et à Aix jusqu’en 1751 et la réaction de Monseigneur Belsunce»,in Provence historique, T. XXVIII fasc. 111, 1978.
4. Dictionnaire des Marseillais, Académie de Marseille , diffusion Edisud, notice établie par R. Bertrand.
5. Sur l’importance et la signification du monogramme IHS dans l’emblématique des Compagnons tailleurs de pierre, c f .Jean -
Michel Mathonière, « Iconographie et symbolique du blason des Compagnons Passants tailleurs de pierre»,in R.T. n°122
( av r i l 2 0 0 0 ) , p p . 7 4 - 9 9 , étude reprise et légèrement complétée dans Le Serpent compatissant, éd.La Nef de Salomon, Dieu le fit ,2 0 0 1 ,p p . 43-79 et 106-117 (notes).
On notera cependant qu’un grade maçonnique très ancien, le Maître Irlandais – le futur Prévost et Juge du R\E\A\A\ – présente aussi un IHS sur son tableau,mais une branche d’acacia décore alors la barre horizontale du H.
6. Un Rôle de Marseille, datant de 1777, est toujours conservé par les Honnêtes Compagnons Passants tailleurs de pierre.
7. Sur les biographies de Pierre et de Jean Cailleteau,c f . Michel Gallet, Les architectes parisiens du XVIIIe siècle, éd.Mengès, Paris,1995, pp. 279-284.
8. L .Méry, F. G u i n d o n , Histoire analytique et chronologique des actes et délibérations du corps et du conseil de la municipalité de Marseille, Marseille, t. 6, 1843, p. 6. Renseignements aimablement communiqués par M. R. Bertrand.
9. Louis Charbonneau-Lassay, Études de symbolique chrétienne, éd. Gutenberg Reprints, Paris, 1981, volume I, pp. 186-199.

Ces signes IHS proviennent d'une église de la région de rennes les bains et Rennes le Château. Pour des raisons évidentes nous ne la citerons pas.

Je tiens a remercier tout particulièrement les éditions traditionnelles pour leur aimable autorisation à utiliser et publier ce sujet.
http://www.renaissance-traditionnelle.org

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